« Enseigner la transition écologique dans le supérieur » : un rapport à ne pas négliger

Le 29 mars, le groupe de travail « Enseigner la transition écologique dans le supérieur » a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n’a sorti ses recommandations qu’après huit mois d’attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Fin mars, le rapport du groupe de travail « Enseigner la transition écologique dans le supérieur » a été rendu public.
Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Aujourd’hui, l’enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l’ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d’ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d’intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation. L’objectif retenu par le groupe de travail est d’avoir, à terme « 100% des apprenant⋅es dans le système d’enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours » alors qu’aujourd’hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l’ensemble des apprenant⋅es. Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d’enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre.

L’intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d’accréditation de la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d’accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d’ingénieur⋅es d’enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d’enseignements traitant de la transition écologique. La CTI représente un acteur central dans l’écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d’accréditation.

L’intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu’il s’agisse de l’adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l’ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante. Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l’ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l’entoure, défend ardemment l’interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L’intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n’est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l’établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l’enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n’est pas pour cela que les étudiant⋅es s’en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s’assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d’impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l’établissement. Au travers du programme « Former l’Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne », Ingénieurs Sans Frontières s’engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d’ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d’outils et d’une diversité d’acteurs autour de ces questions

La société civile n’a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait. Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l’éthique et le rôle de l’ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l’ingénieur⋅e, au travers d’outils spécifiquement conçus pour agir auprès d’un public d’étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d’ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l’objectif de sensibiliser au rôle. Ce rapport, bien qu’intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l’administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l’absence d’action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s’emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d’ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d’action Former l’Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s’appuyant notamment sur ce programme d’ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.

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